Nous l’abordions dans un précédent article, la santé mentale des Français s’est beaucoup dégradée lors du deuxième confinement et touche dorénavant une population plus vaste.

Rappelons que la psychanalyse et un travail psychanalytique, même brefs, peuvent aider la résilience de chacun.

Depuis le confinement, le mal-être psychologique se diffuse

Lors du premier confinement, je voyais souvent des personnes fragiles, ayant déjà des pathologies en cours de traitement ou déjà traitées, pour lesquelles le confinement rouvrait les failles.

L’impact du second confinement se déploie sur une population beaucoup plus large.

Nous constatons depuis novembre que la plupart des personnes qui avaient développé de défenses efficaces au premier confinement et qui regardaient positivement le futur, ont pris frontalement le deuxième confinement. Car aujourd’hui, le mal être psychologique touche les personnes « ordinaires », « normales »… névrosées comme nous le sommes tous.

Les études que nous avons évoquées et qui relèvent chez les français lassitude, baisse de concentration, stress, troubles du sommeil, en somme des troubles anxieux, ne recouvrent qu’en partie les maux constatés dans notre pratique clinique.

Nos patients développent des somatisations visibles : nausées et déséquilibres, agitation, baisse de la libido et augmentation de l’indifférence mais focalisation sur certains éléments obsessionnels, psoriasis sur le visage, dans les oreilles ou le nez, gencives douloureuses à force de serrer les dents pendant le sommeil, anus douloureux…

Certains d’entre eux évoluent vers la dépression comme nous le relevions dans un précédent article, suite à des angoisses qu’ils ne peuvent plus contenir.

Ces personnes ont beaucoup de mal à s’en remettre et cela agit sur le tissu social, qui se déchire et oppose les uns contre les autres : les vieux contre les jeunes, les porteurs de masque extrémistes contre les non porteurs vindicatifs, les bunkerisés peureux contre les fêtards inconscients, ceux qui ont du travail contre ceux qui l’ont perdu. Violence et paranoïa.

Nos patients, moral en berne, percevant une situation floue, absurde et angoissante s’en attristent ; en consultation, ils partagent leur douleur qu’ils ne contiennent plus.

Et le temps de l’incertitude met de l’huile sur le feu : le manque de repères temporels ne facilite pas la projection dans le futur qui apparaît bouché ou au mieux incertain (tant pour eux que pour leurs enfants). Le manque de repères informationnels et de consensus, la versatilité des connaissances, favorisent les théories du complot et accentuent le repli sur soi, en même temps qu’elles proposent une façon commode de s’accommoder du monde.

La psychanalyse, pour se reconstruire

Puisque « rien ne sera comme avant », ce qui est en soi un espoir déçu et traumatisant, aucun retour à la vie d’avant ne sera possible.

Alors peut-on tout remettre à zéro, effacer ? Le reset n’est pas non possible.

Concernant l’individu (car pour le groupe, d’autres solutions sont attendues), un travail psychanalytique sur la durée guérit les traumatismes ravivés pendant les confinements.

Dans le cadre de cette thérapie, nous permettons à nos patients de retrouver leur identité et leur personnalité, une compréhension du monde stabilisée et personnelle.

L’objectif tient à la « reprogrammation » de perceptions et d’états vers une évolution positive, comme par exemple :

  • Déboussolé / rassuré
  • Angoissé / calmé
  • Replié / ouvert
  • Passif / actif
  • Éparpillé / recentré

Avec la psychanalyse, le déconfinement peut devenir synonyme d’ouverture de soi, d’accompagnement de la résilience, dans une optique de reconstruction et d’évolution de la perception et de l’analyse de la signification symbolique des symptômes. Un peu d’espoir !


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