La Fureur dans le sang (Wire in the Blood) est une série télévisée britannique, créée d’après les romans de Val McDermid, écrivaine écossaise, auteure principalement de romans policiers.

Je me pencherai sur l’un de ses héros, le Dr Tony Hill, psychologue.

Côté pro, le Dr Hill se spécialise dans les récidivistes violents, dans les tueurs en série.

Côté perso, il souffre de troubles de la coordination du développement et dispose de faibles compétences sociales, résultant en partie d’une enfance violentée psychologiquement.

Côté pro et perso, il est souvent accompagné dans ses enquêtes par l’inspecteur en chef-détective Carol Jordan. Leurs enquêtes se déroulent dans des milieux glauques et violents.

Le Dr Hill et Carol Jordan entretiennent une relation compliquée, mais toujours pleine de respect et de considération mutuels. Une amitié nait. Sans sexe entre eux.

Dans le roman et la série TV La Fureur dans le sang, de Val McDermid, le Dr Tony Hill challenge Eros et Thanatos. Pour se découvrir ?

Dans le roman et la série TV La Fureur dans le sang, de Val McDermid, le Dr Tony Hill challenge Eros et Thanatos. Pour se découvrir ?

Le Dr Hill évite d’entrer dans une relation amoureuse avec elle en partie à cause de ses soucis de dysfonction érectile (impuissance), cf Le chant des sirènes Val McDermid (1995).

Il est parfois montré comme ayant eu une relation difficile avec sa mère, une femme d’affaires émotionnellement détachée qui a mis au monde son fils alors qu’elle était encore jeune et célibataire, à une époque où une telle chose était considérée comme scandaleuse.

Il est également révélé dans Beneath The Bleeding que sa grand-mère avait l’habitude de l’enfermer dans un placard pendant de longues périodes chaque fois qu’il l’irritait ou faisait quelque chose de mal.

De plus, sa mère et sa grand-mère ont utilisé les coups comme punition pour des délits involontaires dans l’enfance ; elles lui hurlent dessus. Du coup, il ne supporte pas de se disputer, d’être disputé. Il dit même : « les adultes crient et ça doit être de ma faute ». Par parenthèse, sans tomber dans le transgénérationnel de comptoir, dans un épisode, suite à une fuite d’eau, son plafond lui tombe dessus ; comme si tous ses ascendants lui urinaient dessus, jusqu’à l’obliger à déménager, à fuir, temporairement certes.

Alors il défend la vie, souvent maladroitement, pour trouver sa place dans la sienne dans une approche très sartrienne ; il échange avec le médecin légiste, les officiers de police, reconnaît que parfois il n’y a pas d’explications ni de raisons. Il avance en s’appuyant sur ses constats et ses analyses, pour mieux anticiper. Eros.

Mais il est sans cesse rattrapé par son vécu, d’ailleurs jamais évoqué dans la série TV (uniquement dans les romans), qui remonte à la surface, lui cause des troubles comportementaux, de l’agoraphobie, des maladresses, des penchants violents (quand il pense avoir une tumeur au cerveau et qu’il s’offre en pâture à un criminel), des sortes de flashs. Thanatos.

Peut-être pour rendre acceptable ses travers, son comportement parfois border line, son étonnante capacité à mettre mal à l’aise ses collègues, le Dr Tony Hill est atteint du syndrome d’Asperger. En gros : « ce n’est pas grave, c’est juste qu’il est malade »… Parallèlement, il est presque une sorte de parrèsiaste.

En conséquence, Tony Hill se réfugie dans le travail qui devient une sorte d’addiction (il n’en a aucune par ailleurs). Il dort peu et mal, arrive au commissariat en pleine nuit après avoir cogité et ouvert des bouquins érudits. En somme, c’est un geek, que le savoir étourdit, non par narcissisme, mais par sublimation et catharsis et probablement en toute conscience, compte tenu de son métier.

Pour le Dr Tony Hill, combattre Thanatos et ses bras armés passe par une croisade personnelle, comme s’il avait à prendre une revanche, celle d’un môme que le regard de la mère n’a jamais soutenu, jamais accompagné. Tony Hill n’a pas eu de mère suffisamment bonne : elle l’a laissé, lui l’enfant, en souffrance et dans une angoisse néantisante.

L’Eros de Tony Hill vise à lui permettre de se dénéantiser en se révélant à la lumière de la folie meurtrière et thanatéenne de l’Autre, dont il dévoile les mécanismes intrigués. Comme si Tony Hill s’auto-analysait à crime scene ouverte…


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